Usine Gabert, Pélussin

Usine Gabert, Pélussin © C. Ricci / Atelier de l'image

Ancien tissage et moulinage à La Rivière.

 

Fiche réalisée grâce aux associations Visages de notre Pilat (correspondant : Marcel Boyer, Michel Lhortolat) et Le moulinage des Rivières (Mathieu Blanchardon et Odile Proust)

Dénomination

Usine textile

Commune

Pélussin

Adresse

9 route du Pont
Lieut dit "Les Rivières" (anciennement La Rivière)

Siècle

Historique

Le moulinage, encore en place de nos jours, a été érigé en 1873 par Pétrus Gabert. Il existe aujourd'hui les traces d'une ancienne construction, sans doute présentant une activité puisant l'énergie de la rivière Régrillon et étant signalée sur le cadastre napoléonien des années 1840. A la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, nous pouvons estimer à 70-80, le nombre d'ouvrières travaillant dans le moulinage. Les machines appelées "moulins" présentant plusieurs niveaux de travail étaient utilisées pour le tord de la soie naturelle, ce au premier étage du bâtiment parallèle au cours d'eau. Le second étage accueillait les banques de dévidage de la soie, le troisième le dortoir des ouvrières qui n'habitaient pas Pélussin ou ses environs. Une majorité de filles et femmes fréquentaient le bâtiment. Jusqu'en 1900, la production de soie tordue était expédiée aux Canuts, à Lyon.

Créé en 1900 par Jean-Baptiste Gabert, l'atelier de tissage regroupait 72 métiers et une centaine d'ouvrières. Il fut agrandi en 1920. Le curieux peut encore l'observer, près du moulinage : il a conservé sa toiture en sheds, caractéristique typique de la seconde moitié du XIXème siècle. L'énergie produite par une machine à vapeur alimentait la surface occupée par les métiers ; le moulinage, approvisionné en énergie hydraulique (il existait une roue de pêche de 10m de diamètre, aujourd'hui disparue) possédait, peu après sa construction, une machine à vapeur (la base d'une cheminée ronde et en briques subsiste au niveau de l'étage réservé au dévidage, à l'est du moulinage).

Notons la reprise de l'entreprise par Alain Gabert, ce en 1964. A cette date, le moulinage cesse son activité, n'étant plus rentable et difficilement accessible par la route. Seul subsiste le tissage, dont la fermeture intervient en 1980.

Protection

Valorisation

Créée en 2013, l'association "Le moulinage des rivières" projette de réhabiliter l'ancien moulinage, propose déjà au grand public des rendez-vous et activités culturelles. Un volet économique est également envisagé pour que ce patrimoine exceptionnel puisse revivre à l'année.

Pour en savoir plus

- Bibliographie :
Associations pélussinoises Visage de notre Pilat et Des amis et des livres, Chemins de soie, 2012 (recueil de témoignages oraux)
BLANCHARDON Mathieu, L'eau, la pierre, la soie. L'industrie du moulinage à Pélussin au XIXème siècle. Etude historique et géographique, mémoire de maîtrise universitaire, 2000 (accessible aux Archives Départementales de la Loire, Saint-Etienne)
DAUMAS Maurice, L'archéologie industrielle en France, Paris, Robert Laffont, 1980
DUPRAT Bernard, PAULIN Michel et TRAN François, Du fil à retordre. L'architecture des moulins à soie dans le Rhône moyen, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1993
PLESSY Bernard, CHALLET Louis, La vie quotidienne des canuts, passementiers et moulinières au XIXème siècle, Paris, Hachette, 1987
POIDEBARD Robert, Les mouliniers du Pilat. Un aspect du développement de l'industrie de la soie en Lyonnais (1600 à 1800), Editions de la Guillotière
SITELLE, L'industrie au fil de l'eau: Etude historique sur l'usage de l'énergie hydraulique sur le territoire du Parc naturel régional du Pilat : des ruisseaux et des hommes, 2003

 

Sources :
Cadastre napoléonien (années 1840) à la mairie de Pélussin + plan des moulinages de Virieux du XVIIIème siècle
Archives Départementales de la Loire, Saint-Etienne