La Côtière rhodanienne

Paysage viticole remarquable en belvédère sur la moyenne vallée du Rhône et sur une grande partie de la chaîne des Alpes, la côtière rhodanienne est identifiée comme un paysage identitaire du massif du Pilat.

 

Etendue sur une grande partie de la frange est du Parc, la côtière rhodanienne fait la transition entre la plaine maraîchère de la vallée du Rhône et le massif montagneux boisé des crêts. Sa limite avec le vaste plateau en balcon au-dessus du Rhône peut être dessinée par la ligne à partir de laquelle la vallée du Rhône n'est plus perceptible.

Caractéristiques dominantes

A première vue la côtière viticole peut paraître comme un ensemble paysager homogène que la culture de la vigne occupe de manière uniforme.

Pour autant, de Loire-sur-Rhône à Saint-Pierre-de-Bœuf, le coteau voit sa physionomie varier.

Largement boisés au nord entre Loire-sur-Rhône et Ampuis, seuls quelques espaces de verger subsistent. N’oublions pas que la célèbre cerise Burlat est originaire de Loire-sur-Rhône.

Entre Ampuis et Chavanay, la vigne domine et seuls les ravins boisés viennent donner le rythme aux terroirs viticoles et aux appellations de Condrieu, Côte-Rôtie ou Château Grillet.

Enfin, à son extrémité sud, entre Chavanay et Saint-Pierre-de-Bœuf, les schistes et les gneiss, aidés du granite, permettent la production de Saint-Joseph tout en laissant une large place aux boisements spontanés de chênes ou de robiniers ainsi qu’à des arbres fruitiers descendant du plateau de Maclas ou de Pélussin.

 

Au grès des méandres formés par le fleuve, le coteau laisse place à une plaine alluviale maraîchère et arboricole. Largement remaniée par le passage des infrastructures et des travaux sur le Rhône depuis le début du 20ème siècle, elle a vu son visage considérablement marqué. Toutefois, la plaine d’Ampuis est encore lisiblement dessinée par les parcelles longues et étroites où l’activité maraîchère reste dynamique et maintient une valorisation agronomique du lit majeur du Rhône. Jusqu’aux travaux de génie civil pour faciliter la navigation fluviale au cours des années 1970, ces riches terres étaient amendées alors que les crues n’étaient pas stoppées dans leur progression par les digues.

Entre Condrieu et Tupin-et-Semons, ces travaux ont épargné les lônes dessinant les îles du Beurre et de la Chèvre. Aujourd’hui protégée par un arrêté de biotope, l’île du Beurre abrite de nombreuses espèces animales et végétales de milieu humide mais aussi des paysages rhodaniens devenus presque uniques à l’échelle de la moyenne vallée du Rhône.

 

La situation de tout temps stratégique de ce secteur a forgé un patrimoine bâti et paysager exceptionnel (ex : Le quartier des mariniers de Condrieu, Le Château d’Ampuis ou encore Le Tertre du Semons). Aujourd’hui très convoitée, la côtière compte les communes les plus habitées du territoire du Pilat.

Représentation collective

L’image la plus marquante et la plus convoitée à la fois, est certainement celle du coteau abrupt planté de vignes en terrasses (localement appelées « chaillets ») qui s’étend d’Ampuis à Saint-Pierre-de-Bœuf.

 

Le paysage du coteau est aujourd’hui une véritable vitrine pour des appellations prestigieuses qui profitent de terroirs d’exception savamment travaillés et qui se démarquent par de profonds ravins boisés rythmant cet ensemble homogène.

 

La plaine alluviale et maraîchère du Rhône, dessinée par d’amples méandres du fleuve, abrite des paysages et des richesses naturelles aux ambiances largement plus intimes dont les îles du Beurre et de la Chèvre.

Dynamiques et Pressions

La côtière rhodanienne est fortement soumise à la pression urbaine de l'agglomération lyonnaise qui s'étend depuis la vallée du Rhône. Le centre ville de Lyon n’est qu’à une cinquantaine de kilomètres d’ici.

 

Composé d’un chapelet de bourgs et hameaux au pied du coteau mais aussi sur le rebord du plateau, les villes, bourgs et hameaux tendent parfois dangereusement à se rejoindre. Ceci au détriment des espaces agricoles et naturels les plus fragiles (vergers, prairies, parcelles maraîchères, milieux humides, …) mais aussi des respirations entre les espaces bâtis garants des connexions écologies entre le massif du Pilat et le fleuve Rhône et, de fait, au delà, entre le Massif Central et les Alpes.

Objectifs de qualité paysagère

Sur le rebord du plateau, le maintien des prairies naturelles valorisées ou valorisables pour la production fourragère nécessaire à la production de Rigotte de Condrieu, fromage d’Appellation d‘Origine Contrôlée est un enjeu agricole et naturel important.

Afin de conserver l’identité des villages, de favoriser le « village des courtes distances », la vitalité des centres-bourgs, de préserver les silhouettes remarquables de bourg mais aussi de ne pas privatiser les vues et accès au rebord de la côtière, un projet urbain cohérent à l’échelle de la côtière est à envisager.

La vallée nécessite aussi une attention particulière. Parcouru par de nombreuses infrastructures (RD 386 et 1086, voie ferrée, via-rhôna, …), très habité et riche en milieux naturels, l’espace entre le pied du coteau et les berges du Rhône nécessite une réflexion pour l’amélioration de la qualité de vie des riverains et la ré-appropriation du fleuve.

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