La Vallée du Janon

Il s’agit d’une vallée (ou plutôt d’un ensemble de deux vallées où coulent le ruisseau de Quatre Aigues et celui des Echenaux) profonde et encaissée, qui descend vers Terrenoire pour rejoindre le Gier à Saint-Chamond.

Caractéristiques dominantes

La forêt, en particulier celle dite de production, a presque totalement envahi les fortes pentes qui la ceinturent. Aujourd’hui, il ne reste guère que quelques trouées autour du plateau de Salvaris et de la Croix de Plagneux que les estives permettent encore de garder ouvertes.

 

Le fond de vallée est noyé dans la végétation ce qui le rend très difficilement accessible. Le village de Rochetaillée (et son château) demeure donc comme un belvédère devenu obsolète au-dessus du ruisseau des Echenaux.

Représentation collective

Angoissante est le qualificatif de cette vallée ; elle est monotone et sombre. Elle s’impose comme une barrière ou comme un refuge, une « cache », un repère, entre le massif et la ville.

Accéder à cette vallée relève du défi ou presque. Seule la route départementale n° 36 la parcoure. Elle dévoile même le ruisseau des Quatre Aigues entre Rochetaillée et Saint-Etienne.

La route communale de Salvaris relie le fond de vallée (cote 650) au hameau de Salvaris (cote 950). Elle chemine en sous bois et traverse les deux seuls espaces ouverts de l’entité : la Croix de Plagneux et Salvaris.

La route communale de la Bréacière parvient difficilement à offrir au regard un point de visée sur des paysages lointains et notamment sur la ville de Saint-Etienne qu’elle domine.

Enfin, à pied, le sentier pédestre dit du tour du Parc passe sur la crête ouest de la vallée vers la Bréacière. Le sentier balisé n° 4 descend lui vers Rochetaillée sans pénétrer au cœur de la vallée.

Dynamiques et Pressions

Le taux de boisement et l’enrésinement gagnant du terrain cette vallée semble inexorablement vouée à la fermeture. Les liaisons visuelles avec la ville ou avec les têtes de bassin sont ainsi limitées à quelques points particuliers.

 

En effet, le relief ne permet pas vraiment une mécanisation des exploitations. L’agriculture est quasiment absente à l’exception de Salvaris où les exploitants agricoles conduisent encore les animaux à l’estive, à la belle saison.

Les seuls espaces de respiration à la croix de Plagneux et à Salvaris ne doivent ainsi leur survie qu’à l’existence de ces pratiques mais pour combien de temps encore … ?

 

L’urbanisation est pour ainsi dire absente de cette vallée. Seul, le bourg de Rochetaillée marque l’entité de son empreinte. Sa silhouette présente une grande cohérence de composition. Toute nouvelle construction, en particulier dans les hameaux, pourrait y détruire un équilibre somme toute fragile.

Objectifs de qualité paysagère

La diversité des espaces et des milieux est ici un défi à relever. Ainsi, maintenir et protéger les espaces ouverts autour de Salvaris est une priorité partagée par le Conseil Général de la Loire qui, au titre de sa politique sur les Espaces Naturels Sensibles (ENS), s’est porté acquéreur du site et y développe une politique coordonnée de mise en accessibilité du public tout en agissant en faveur de la préservation de l’équilibre fragile des milieux ouverts.

En contraste avec la ville, la présence de la forêt participe fortement à ce contraste intéressant. Même si la nature a tendance à prendre des « airs hostiles » que peut susciter la forêt, il s’agit quand même d’un privilège de vivre en ces lieux.

 

Ici, toute trace d’infrastructures est absente et seul le relief dessine les quelques horizons perceptibles. Cette rareté est à préserver de tout élément pouvant, par sa taille, son caractère technologique, sa proéminente, … venir en perturber la qualité en apparence dénouée de toute intervention humaine.

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