La Vallée de la Déôme

Le territoire de la vallée de la Déôme est situé en limite sud-est du Parc naturel régional. Cette situation lui confère des atouts évidents : ambiance méridionale, transition entre les crêts, le haut-plateau et les reliefs ardéchois, activités économiques sur l’axe Saint-Étienne / Annonay …

L’entité paysagère de « la vallée de la Déôme » s’étend de la commune du Bessat à celle de Burdignes en passant par Saint-Sauveur-en-Rue et Saint-Julien-Molin-Molette. Mis à part sa frange ouest largement ouverte sur le bassin d’Annonay, ses autres limites sont dessinées par d’importants massifs forestiers (massif des Crêts, du Grand Bois ou de Taillard).

 

Ainsi, on peut distinguer quatre sous-entités correspondantes aux vallées qui le composent (vallées de la Déôme, de l’Argental, du Ternay et du Riotet). Chacune d’elles contribuent à la définition d’un ensemble cohérent et organisé au sein du bassin versant de la Déôme.  Déterminantes dans la physionomie de ce territoire, elles constituent presque toutes des ensembles paysagers identitaires du Pilat.

 

L’ensemble des communes ce territoire appartient à la Communauté de communes des Monts du Pilat. Les caractéristiques du relief, le type de végétation, l’étendue des fonds de vallées ou encore le caractère plus ou moins agricole et forestier des versants créent notamment un gradient au sein de cette entité.

Caractéristiques dominantes

Longue faille géologique à la charnière du Massif du Pilat et de la Chaîne des Boutières (versant méridional), la vallée de la Déôme se caractérise par un assez large fond de vallon et une grande variété de paysages influencés par des particularités géologiques, climatiques, faunistiques et floristiques mais aussi par son mode d’occupation du sol. En synthétisant, on pourrait décrire cette vallée par un versant nord boisé qui se positionne en opposition avec un versant sud aride à dominante agricole et aux influences méridionales.

 

En altitude, la forêt de production ferme l’horizon et les versants orientés au nord, l’étage intermédiaire est plus ouvert et des hameaux sont présents dans les clairières existantes, les fonds de vallées sont quant à eux généralement ouverts et occupés par l’agriculture mais surtout par l’urbanisation, en particulier pour ce qui concerne les vallées de la Déôme et du Ternay avec les bourgs de Bourg-Argental et de Saint-Julien-Molin-Molette notamment.

 

Dominée par l’élevage de bovins laitiers qui pâturent sur de plus ou moins grandes surfaces en fonction des vallées et des versants, l’agriculture contribue ici à donner cette image de paysage ouvert et dynamique.

 

Le bois est une ressource économique importante dans le Massif du Pilat et du territoire couvert par l’entité paysagère de la vallée de la Déôme. Essentiellement tourné vers l’exploitation de conifères (douglas, épicéa, …), l’étage montagnard est cependant marqué par de nombreuses hêtraies traitées en taillis et taillis sous futaies qui ponctuent les boisement sombres des conifères et offrent des variations de couleurs et de lumière tout au long de l’année.

 

L’eau est omniprésente et marque fortement le territoire, non seulement par le relief (composition des quatre vallées) mais aussi par l’occupation du sol résultant de l’exploitation de la force hydraulique depuis le XIème siècle. Exploitation de la force mécanique de l’eau qui a dispersé sur ce territoire un patrimoine industriel riche qui concoure aussi, bien souvent et encore aujourd’hui, à la physionomie particulière des bourgs et des silhouettes villageoises. Ceci est particulièrement saisissant à Saint-Julien-Molin-Molette, Bourg-Argental et dans une moindre mesure à Saint-Sauveur-en-Rue ou cheminées, maisons de maître et fabriques imposantes marquent le paysage et créent des évènements à l’échelle des vallées.

Représentation collective

La situation de l’entité paysagère de la vallée de la Déôme aux portes de l’Ardèche et les contrastes entre un espace montagnard affirmé et un étage collinéen aux conditions et ambiances méridionales confèrent à ce territoire des ambiances et donc des perceptions variées.

 

L’ensemble du secteur est particulièrement bien lisible depuis le col du Tracol, en amont de la Déôme, ou le col du Banchet, en aval de la Déôme en transition avec le Ternay, et en partie depuis le plateau de Burdignes. Toutefois, il n’est pas aisé d’embrasser d’un seul regard l’ensemble de cette entité.

 

Les cols, ici comme sur l’ensemble du massif, sont des lieux particuliers puisqu’ils constituent souvent le point de départ de randonnées, sont situés sur les principaux axes principaux de perception du territoire et constituent des charnières vers des espaces, des vallées et souvent vers des séquences paysagères différentes.

 

Les espaces panoramiques et de randonnées des sommets des Crêts représentent l’espace panoramique le plus attractif du territoire mais d’autres sites permettent de découvrir la richesse des paysages du territoire (chapelle de Saint-Sabin, col du Banchet, croix Fayard …).

Les espaces de loisirs d’hiver du Bessat (à cheval sur l’entité paysagère des Crêts), de Saint-Régis-du-Coin et de Burdignes affirment le caractère montagnard de ce territoire à travers les activités et équipements proposés (ski de fond, raquette, …).

 

La route départementale n°1082, (ex RN 82 appelée « route bleu » depuis 1936) est un axe structurant emprunté par de nombreux automobilistes, notamment des touristes sur la route des vacances vers le sud de la France. Elle constitue un espace vitrine important depuis le col de la République et le site des Trois Croix en amont jusqu’à l’aval de la vallée de la Déôme, en limite avec le département ardéchois.

La route départementale n°503, en lien avec le col du Tracol, constitue un autre axe important en liaison avec le Département de la Haute-Loire.

Dynamiques et Pressions

Malgré des secteurs de pentes, souvent aménagés en terrasses et au contact des bourg, gagnés par la friche ou l’urbanisation, la surface agricole reste toutefois encore importante et contribue à maintenir un équilibre entre espace fermé/boisé et espace ouvert/agricole.

Pour autant, le contraste entre les versants nord et sud ne cesse de se renforcer au détriment d’une diversité paysagère et de milieux. Ces évolutions engendrent aussi une disparition des murs et murets notamment, pourtant garant du maintien des structures paysagères.

 

L’extension des plantations forestières a tendance à supprimer certains habitats, qu’ils soient naturels ou humains. Plus bas en altitude, la friche et les boisements spontanés se rapprochent des villages et des hameaux au détriment d’une particularité marquée entre un espace collinéen aux ambiances méridionales et un espace montagnard, qui, faute de variété, pourrait rapidement devenir austère.

Cette extension progresse de plusieurs centaines d’hectares par an, essentiellement sous forme de résineux, la plupart étant de la pousse spontanée, par déficit d’entretien.

Le domaine forestier privé étant très morcelé, c’est souvent l’image de plantations en « timbre poste » qui domine le paysage.

 

Les dynamiques urbaines sont nettement moins marquées que sur d’autres secteurs du massif. Cependant, une vigilance est à maintenir sur son mode de développement.

Objectifs de qualité paysagère

L’insertion du bâti par rapport au relief et à la pente, la progression de l’urbanisation sur les versants agricoles en ordre dispersé ou encore l’affirmation de styles architecturaux étrangers au territoire sont des enjeux à relever importants pour le maintien de l’identité des paysages de la vallée de la Déôme.

Ces questions de rapport à la pente, de la préservation des éléments du paysages ou de la réappropriation des modes d’adaptation au relief dans la construction, constituent des objectifs de qualité paysagère incontournables.

En effet, ces techniques, particularités ou éléments de paysage, tels les murs et murets de soutènement, sont garants des structures paysagères identitaires et patrimoniales de ce territoire.

 

Le maintien de l’ouverture des cols, des abords des routes en balcons et des axes structurants mais aussi les éléments de paysages qui y sont liés doivent faire l’objet d’une attention particulière.

 

Concernant les dynamiques agricoles et forestières, la limitation du développement de la friche et de la progression de l’enrésinement, en conflit avec les espaces agricoles ou les hêtraies, constituent des enjeux de paysage important. L’assurance de la régénération des hêtraies, valeur environnementale et paysagère du Pilat est aussi un objectif a atteindre.

 

 

Pour en savoir plus :

 

Les différentes vallées assurant l’essentiel de la structuration paysagère de ce territoire :

- Vallée du Ternay

- Vallée de l’Argental

- Vallées du Riotet

 

Ensembles paysagers identitaires :

 

- Forêt de Taillard

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