Les chirats

Les chirats (appellation locale rappelant d’autres termes comme cheire, clapier, clapas..., fréquemment employés dans le Massif-Central pour désigner des rochers ou chaos de rochers) désignent les amas rocheux qui parsèment les pentes sommitales du massif du Pilat. Ils sont essentiellement issus de la dégradation de roches métamorphiques (telles que le gneiss et les leptynites). 

Réduits souvent à de simples éboulis, les chirats présentent le plus souvent des formes à la dynamique complexe, avec distinction de deux hypothèses, la deuxième étant la plus affirmée, sur l’origine de leur formation :

  • exhumation des blocs rocheux de l’arène granitique,
  • éclatement des roches sous l’effet « gel-dégel » à l’époque du péri-glaciaire (il y a environ 100 000 ans), suivi du glissement sur les pentes de l’ensemble du chirat qui peut être considéré alors comme un « glacier rocheux ».

Constitués de blocs nus, non enchâssés dans une matrice de particules plus fines, les chirats constituent des terrains peu favorables à l’installation des végétaux supérieurs. Seuls les communautés lichéniques arrivent à coloniser ces milieux.

Répartition dans le Parc naturel régional du Pilat

Ce milieu est relativement fréquent à l’étage montagnard, entre 800 et 1400 m d’altitude.
Surface occupée : près de 100 ha.

Enjeu patrimonial et menaces

Ce type de formation est emblématique du massif du Pilat - et à ce titre inséré dans le logo du Parc - où il peut former de vastes étendues (jusqu’à 1 km de longueur !). En dehors du Parc et du nord de l’Ardèche, on ne rencontre de telles formations qu’aux Etats-Unis, dans le massif des Appalaches. Il sont dénommés les blockfields.
Si les chirats les plus vastes n’ont pas à craindre d’être recouverts à plus ou moins long terme par la végétation, il n’en est pas de même pour les plus modestes, surtout s’ils sont entourés par la forêt. La colonisation végétale n’est pas le seul risque qui pèse sur les chirats. En effet, dans les années 1980, se sont multipliés les prélèvements de blocs pour l’aménagement des jardins et espèces verts. Fort heureusement cette pratique est maintenant assimilée à une exploitation de carrières, et soumise à ce titre à une autorisation de l’Etat.

 

Exemples d’espèces d’intérêt patrimonial :

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