Qu'est-ce que le patrimoine industriel et hydraulique?

Au fil de son histoire, le Pilat a été marqué par une forte tradition industrielle, en grande partie textile, liée à la force hydraulique. Certains éléments symboliques subsistent dans le paysage, telles que cheminées en brique, toiture en sheds et fenêtres de grande hauteur.

L’activité de la soie a occupé beaucoup d’habitants du Pilat, mais aussi des personnes des villes avoisinantes qui venaient travailler, développant les relations avec les vallées. Passementerie et tressage contribuent directement au développement du territoire. Pélussin est représentatif de l’importance de ces activités. En 1684, le Bolonais Benaÿ introduit à Virieu l’industrie du moulinage de la soie. En 1846, selon un extrait du registre de délibérations du Conseil Municipal, ce sont 16 000 mûriers qui sont cultivés, sans compter ceux qui étaient dans les haies, sur le territoire de la commune.

Le Pilat a aussi connu une grande activité autour du bois, avec l’implantation de scieries. Bien que ce type de bâtiment soit moins pérenne, certains exemplaires sont encore visibles dans notre paysage. Souvent associée à des moulins, l’énergie hydraulique a donc été un élément capital pour faire tourner toutes ces unités de production[1]. Les usines métallurgiques ont également occupé une place non négligeable.

D’autres productions, plus modestes, ont aussi trouvé leur place, telles que minerai de plomb, croix, crayons, tuiles, papier ou babeurre.

 

Le patrimoine hydraulique fait référence aux traces matérielles et aux usages de l’eau, comme énergie. Souvent lié aux moulins, scieries et usines, le massif du Pilat est depuis longtemps considéré comme « un château d’eau[2] » pour les communes voisines.

 

Le patrimoine ferroviaire, spécialisation du patrimoine industriel, désigne l'ensemble du patrimoine culturel des chemins de fer (matériel, outils, savoirs et culture) dont la sauvegarde et la mise en valeur rendent hommage et facilitent la compréhension de l'évolution du monde des trains. Plus modestement, il peut aussi s'agir de la collecte d'archives écrites ou orales. Le « tacot » ou « galoche » marque encore les mémoires : reliant Saint-Étienne à Maclas, il fonctionna de 1905 à 1932.

Le patrimoine industriel comprend, selon la charte Nizhny Tagil[3], « les vestiges de la culture industrielle qui sont de valeur historique, sociale, architecturale ou scientifique. Ces vestiges englobent : des bâtiments et des machines, des ateliers, des moulins et des usines, des mines et des sites de traitement et de raffinage, des entrepôts et des magasins, des centres de production, de transmission et d'utilisation de l'énergie, des structures et infrastructures de transport aussi bien que des lieux utilisés pour des activités sociales en rapport avec l'industrie (habitations, lieux de culte ou d'éducation) ».

Ce type de patrimoine ne concerne pas uniquement les sites du production ; il se compose également des matières premières et produits fabriqués par l’usine, des prototypes aux collections finales et modèles vendus ; des archives de l’entreprise ; du patrimoine industriel immatériel, constitué de témoignages des différents acteurs de l’usine et savoir-faire.


[1] « Le Pilat. L’eau, son patrimoine. Histoire de l’énergie hydraulique dans le Parc naturel régional », Pays de Rhône Alpes, Hors-série, numéro 4, 62 p.

[2] HOUSSEL Jean-Pierre, SOUMAH Evelyne, « L'industrie textile dans le massif du Pilat », in Revue de géographie de Lyon, Volume 67, Numéro 67-3, 1992, pp. 179-186

[3] Charte Nizhny Tagil pour le patrimoine industriel, élaborée par TICCIH –  comité international pour la conservation du patrimoine industriel et le conseiller pour ICOMOS dans ce domaine, juillet 2003.