Qu'est-ce que le patrimoine religieux et funéraire?

Chaque commune possède son église, son cimetière. Plus discret, couvent ou prieuré retrace, par ses anciens pensionnaires, une histoire locale, entre Forez, Velay et Viennois.

Sur le territoire du Pilat, la tradition catholique est prépondérante. Des congrégations marquèrent l’histoire ; des hommes et des femmes ont œuvré pour leur communauté. Parmi eux, pour n’en citer que quelques-uns, Marcellin Champagnat et les Frères Maristes, les Pénitents Blancs et les Béates.

Le patrimoine funéraire correspond, en référence à la Déclaration pour une Charte internationale du patrimoine funéraire[1], à « la réalité unifiée et complexe intégrant les sites, les installations visibles et invisibles, les expressions de mentalités et de ritualisation face à la mort, à la perte et au deuil, ainsi que les sources permettant d'éclairer toutes ces notions ».

En parcourant les cimetières, reflets de la société, de ses valeurs et de ses croyances, surgissent des noms de famille, de « maisons[2] », gravés dans la pierre ou le marbre pour rappeler un défunt. Autant d’indices mettant en relief une communauté, mais aussi un art identitaire, typique et émouvant.

D’autre part, monuments aux morts et plaques commémoratives représentent de véritables « lieux de mémoire », pour reprendre le concept de Pierre Nora : ils matérialisent l’hommage d’une nation pour des hommes qui ont péri, pour elle, sur le champ de bataille. S’élèvent des stèles ; se lèvent des poings. Tout un code symbolique est à découvrir derrière ces croix de guerre, ces lauriers et ces coqs gaulois. Par définition, ils symbolisent le souvenir[3] et la mémoire associée avec la liste des noms des disparus. Bien souvent, ces monuments érigés suite à la première Guerre Mondiale se voient modifiés pour rappeler aussi la seconde Guerre Mondiale et la guerre d’Algérie.

 

Le patrimoine religieux englobe l’ensemble des éléments, mobiliers et immobiliers, inhérents au culte et à la vie religieuse en général.

 

Il peut prendre des formes[4] diverses :

  • les édifices incluant le site et les éléments qui y sont fixés (retables, cloches, orgues, etc.) ;
  • les paysages sacrés (cimetières, lieux de pèlerinages, etc.) ;
  • les archives et collections d’objets sacrés ;
  • les rites, traditions et autres formes immatérielles.


[1] Charte internationale du patrimoine funéraire, issue du Colloque sur l’avenir des cimetières, à Québec (Canada) les 26 et 27 octobre 2000 et à Montréal (Canada) les 2 et 3 novembre 2000.

[2] « La notion de maison : entretien avec C. Lévi-Strauss », in Terrain, Habiter la maison, numéro 9, 1987, pp. 34-39.

[3] « Les monuments aux morts, des œuvres d'art au service du souvenir », sur le site Internet Chemins de mémoire. URL : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichepage.php?idLang=fr&idPage=15366

[4] TURGEON Laurier (dir.), Le patrimoine religieux du Québec: entre le cultuel et le culturel, Presses de l’Université de Laval, 2005, p.243